Un magasin ouvert le dimanche à Montpellier, c’est bien plus qu’un pari commercial : c’est un choix stratégique qui dessine la ville de demain.
Pacte national de revitalisation : quelles mesures pour les commerces de centre-ville à Montpellier ?
Depuis 2018, le pacte national de revitalisation des centres-villes a pris le parti de réanimer le cœur commerçant de Montpellier. Sous l’impulsion de l’union centre-ville et du club des managers centre, le plan s’articule autour de plusieurs axes : adapter les horaires, fluidifier les démarches, faciliter le quotidien des commerçants qui tentent l’expérience de l’ouverture dominicale. Sur la place de la Comédie, plus personne ne s’interroge en théorie : chaque dimanche, fleuristes, libraires et épiceries fines réinventent leur rythme pour capter une clientèle nouvelle, curieuse, ou simplement fidèle à une ambiance urbaine différente.
Cette transformation ne se décrète pas. Elle repose sur un dialogue serré entre collectivités locales, commerçants et directeurs d’instituts pour la ville. À Montpellier, la méthode reste progressive, centrée sur la création de liens et l’écoute du territoire. Les petits commerces du centre, qui ont longtemps vacillé face à la montée en puissance des grandes zones de périphérie, bénéficient d’un soutien sur mesure : campagnes de communication partagées, diagnostics personnalisés pour mieux cerner leur potentiel, accompagnement dans la bascule vers le digital.
Voici comment ces dispositifs prennent forme :
- Un suivi individualisé par des managers de centre-ville, véritables chefs d’orchestre de la revitalisation
- Des aides financières pour encourager l’ouverture dominicale et couvrir les premiers frais
- Des études régulières sur les flux piétons et l’évolution du chiffre d’affaires, pour ajuster les stratégies
Mais ranimer le centre-ville ne se résume pas à des bilans comptables. Il s’agit aussi de préserver une diversité d’offres, des lieux qui favorisent l’échange et rendent service à la population. À Montpellier, le dimanche sert de laboratoire : de nouveaux usages émergent, les attentes évoluent. Les acteurs du cœur de ville avancent prudemment, déterminés à trouver un équilibre entre l’activité et le respect du cadre de vie. Rien n’est figé, mais l’expérience s’ancre.
Périphérie commerciale et ouverture dominicale : quels enseignements tirer des projets récents ?
La périphérie montpelliéraine, elle, joue une partition bien différente. Ici, les surfaces commerciales occupent le terrain : Odysseum, le Polygone périphérique, autant de pôles pensés pour capter le flux des familles, surtout le dimanche. Les stratégies varient, mais le principe reste le même : attirer, fidéliser, offrir une expérience complète.
Pour mieux cerner ce qui distingue l’offre en zone périphérique, on peut pointer quelques leviers utilisés :
- Présence de grandes enseignes nationales et internationales
- Parkings gratuits, conçus pour faciliter la venue des automobilistes
- Restaurants en galerie, qui prolongent la visite et renforcent l’attractivité
L’ouverture dominicale y trouve son public, fidèle et nombreux. Selon la fédération française des associations de commerçants, cette dynamique rebat les cartes du commerce local : les flux se déplacent, l’offre tend à se standardiser, la dépendance à la voiture s’accroît. Portées par les collectivités territoriales, ces zones affichent des chiffres en hausse sur la plage dominicale, un constat confirmé par les groupes de travail récemment réunis.
Les constats qui ressortent sont éloquents :
- Progression nette du chiffre d’affaires le dimanche dans les zones de périphérie
- Affluence en hausse, en particulier chez les familles et les jeunes actifs
- Services mutualisés : sécurité renforcée, transports adaptés, animations pour fidéliser la clientèle
Pour autant, ce modèle n’est pas sans failles. Il tend à gommer les spécificités locales, met les commerces de centre-ville face à une concurrence frontale, et fragilise le tissu de proximité. La fédération nationale des centres commerciaux s’interroge sur la pérennité de cette logique d’extension : jusqu’où peut-on pousser le modèle sans déséquilibrer la ville ? Les derniers projets montrent une inflexion : la question du dimanche déborde largement le seul registre du commerce, elle devient affaire d’équilibre entre territoires, de partage des flux, de cohérence urbaine.
Montpellier avance, à la croisée des chemins. Centre ou périphérie, l’ouverture dominicale révèle les tensions, les opportunités et les choix de société qui dessinent la ville de demain. À chacun de lire dans ce grand écart les signes d’une ville qui cherche encore son propre tempo.

